Inchallah

إِنْ شَاءَ اللهُ
Signification, traduction et quand dire l’expression Inchallah
Le mot arabe Inchallah (إِنْ شَاءَ اللهُ) est bien plus qu’un « peut-être ». Lorsque tu dis « Inchallah », cela signifie que ce que tu comptes faire n’arrivera que si Allah le veut.
L’expression Inchallah se dit donc devant ce qui n’est pas encore arrivé. Tu annonces que tu viendras demain, tu ajoutes inchallah. Tu as l’intention de venir, mais ce qui se passera d’ici demain ne dépend pas de toi.
C’est pourquoi le musulman est invité à la dire chaque fois qu’il affirme qu’il fera une chose. Le Coran le demande, et un hadith raconte ce qui est arrivé à un prophète qui ne l’a pas dite.
Signification d’Inchallah
L’expression Inchallah signifie littéralement en français ceci.
Si Allah le veut
Mot à mot, in veut dire « si », chaa veut dire « a voulu », et Allah est le sujet. Le verbe est au passé, comme souvent après « si » en arabe, mais il parle bien de l’avenir.
Quand utilise-t-on Inchallah ?
Pour ce que tu comptes faire
C’est l’usage que le Coran ordonne, et il s’adresse d’abord au Prophète ﷺ.
Allah a dit dans la sourate 18 versets 23 et 24, « Et ne dis jamais, à propos d’une chose : “Je la ferai sûrement demain.” Sans ajouter : “Si Allah le veut !” »
Le Prophète ﷺ a raconté ce qui arriva au prophète Soulayman quand il ne la dit pas.
👉 D’après Abou Hourayra رضي الله عنه, le Prophète ﷺ a dit, « Sulaymân ibn Dâwud (sur eux la paix) a dit : « Cette nuit, je ferai le tour de soixante-dix femmes. Chacune d’elles donnera naissance à un enfant qui combattra dans la voie d’Allah ! » On lui dit alors : « Dis : Si Allah le veut ! » Mais il ne le dit point. Il fit donc le tour des femmes et aucune ne conçut d’enfant, mis à part l’une d’entre elles qui mit au monde un bébé à moitié formé. » Puis il a ajouté, « S’il avait dit : « Si Allah le veut ! », il n’aurait pas commis de parjure et cela lui aurait permis d’atteindre son but. »
📚 | Rapporté par Mouslim n°1654, et par Al-Boukhari n°3424 avec une autre fin, « s’il l’avait dite, ils auraient combattu dans la voie d’Allah ».
Ce hadith montre clairement qu’inchallah n’est pas un mot en l’air. Le Prophète ﷺ dit que Soulayman aurait obtenu ce qu’il voulait s’il l’avait dit.
Inchallah remet la chose à la volonté d’Allah. Cheikh Al-‘Outheymine en tire deux conséquences. Dire « je viens demain inchallah, c’est sûr » ne sert à rien, puisqu’on affirme ce que la formule laisse à Allah, et il ajoute qu’on pourrait même la ranger dans ce que le verset interdit. Et si on te demande « tu viens demain ? », répondre « oui » pour dire que tu en as l’intention n’a pas besoin d’inchallah, parce que tu parles de ta décision, qui est déjà prise.
📚 | Cheikh Al-‘Outheymine, réponse transcrite sur al-fatawa.com, et enregistrements publiés sur YouTube.
Le « demain » du verset ne s’arrête pas au lendemain. Cheikh Al-Fawzan précise qu’il désigne tout l’avenir, proche ou lointain.
📚 | Cheikh Al-Fawzan, enregistrement publié sur YouTube.
Et si tu dis inchallah sans compter le faire ?
👉 On a posé exactement la question à Cheikh ʿOuthman Al-Khamis, dire « inchallah je le ferai » en ayant l’intention de ne pas le faire. Il répond qu’inchallah est une istithnaʾ, une réserve qui délie de l’engagement comme dans un serment, et qu’elle est permise même si la personne ne fait pas la chose.
📚 | Cheikh Al-Khamis, enregistrement n°2576 publié sur YouTube.
Pour une adoration déjà faite
On te demande si tu as prié, tu réponds « j’ai prié inchallah ». Ce n’est pas une faute.
👉 Cheikh Ibn Baz explique que pour une adoration, la prière ou le jeûne, on peut dire inchallah après l’avoir faite, parce qu’on ne sait pas si on l’a accomplie comme il faut ni si elle a été acceptée. Pour une chose ordinaire et terminée, « j’ai mangé », « j’ai vendu », la formule n’est pas nécessaire.
📚 | Fatwa n°7252, publiée sur le site officiel d’Ibn Baz.
Faut-il dire inchallah dans une invocation ?
C’est la question que les francophones posent le plus. On entend partout « qu’Allah te guérisse inchallah » ou « qu’Allah te facilite inchallah ». Le Prophète ﷺ a parlé d’une invocation qu’on accompagne d’une condition.
👉 D’après Abou Hourayra رضي الله عنه, le Prophète ﷺ a dit, « Lorsque l’un de vous invoque, qu’il ne dise pas : - Ô Allah ! Pardonne moi si tu veux - . Il doit plutôt être ferme dans sa demande et avoir un grand espoir car certes rien n’est trop grand pour qu’Allah ne puisse le donner. »
📚 | Rapporté par Mouslim n°2679.
Pour inchallah, les savants ne tirent pas tous la même conclusion.
👉 Cheikh Al-Fawzan dit de ne pas ajouter inchallah quand on invoque pour soi, pour son frère ou pour n’importe quel musulman. L’invocation se fait avec fermeté, sans hésiter, et inchallah y met une réserve. On laisse donc ce mot. Cheikh Al-Albani, Cheikh ʿOuthman Al-Khamis et Cheikh ʿAziz Farhan disent la même chose. ʿAziz Farhan ajoute que certains savants lui trouvent une raison d’être quand on invoque pour un autre, mais que selon lui il n’en a aucune, pour toi comme pour quelqu’un d’autre.
📚 | Réponses de Cheikh Al-Fawzan et de Cheikh Al-Albani, transcrites sur al-fatawa.com. Cheikh Al-Khamis et Cheikh ʿAziz Farhan, enregistrements publiés sur YouTube.
👉 Cheikh Al-‘Outheymine distingue deux choses. « Si Tu veux », qui s’adresse à Allah, est interdit par le hadith. « Inchallah » est moins grave, mais il le place entre le déconseillé et l’interdit, et dit d’invoquer franchement, « qu’Allah te récompense par un bien », « qu’Allah t’accorde la réussite », sans rien ajouter.
📚 | Réponses de Cheikh Al-‘Outheymine, Nour ʿala ad-Darb, transcrites sur al-fatawa.com.
👉 Cheikh Al-ʿOusaymi explique pourquoi « si Tu veux » est interdit, par les deux raisons que le hadith donne lui-même. La phrase laisse entendre qu’une chose serait trop lourde pour Allah, et que celui qui invoque ne tient pas vraiment à ce qu’il demande. Mais pour l’inchallah qu’on entend aujourd’hui, « qu’Allah te facilite inchallah », il dit qu’aucun de ces deux défauts n’y est, que les gens le disent pour la bénédiction du nom d’Allah, et qu’il n’y a pas de mal.
📚 | Cheikh Al-ʿOusaymi, enregistrements publiés sur YouTube.
👉 Cheikh Salih Al ach-Cheikh va dans le même sens, avec une réserve. Il dit que le principe est de ne pas l’ajouter, parce que cela contredit la fermeté de l’invocation. Mais si celui qui le dit ne pose aucune condition et cherche seulement la bénédiction du nom d’Allah, il n’y voit pas de mal, tout en ajoutant que ne pas le dire reste préférable.
📚 | Cheikh Salih Al ach-Cheikh, enregistrement publié sur YouTube.
Une objection vient tout de suite, et Cheikh Al-‘Outheymine l’a lui-même posée. Le Prophète ﷺ disait inchallah au malade qu’il visitait.
👉 D’après ʿAbdallah Ibn ʿAbbas رضي الله عنهما, lorsque le Prophète ﷺ entrait chez un malade à qui il rendait visite, il disait, « Il n’y a pas de mal, c’est une purification si Allah le veut. »
📚 | Rapporté par Al-Boukhari n°3616.
Sa réponse est que cette phrase n’est pas une invocation. Le Prophète ﷺ ne demande rien à Allah, il dit au malade ce qu’il espère pour lui, que sa maladie lui soit une purification, s’il la supporte avec patience. Inchallah y est donc à sa place, comme devant n’importe quel espoir.
Les autres savants l’expliquent autrement, sans changer la conclusion. Cheikh Al-Fawzan dit que cet inchallah affirme au lieu de poser une condition, comme dans le verset « vous entrerez dans la Mosquée Sacrée si Allah veut » (sourate 48 verset 27). Cheikh Al-Albani dit qu’il se dit pour la bénédiction, comme dans la salutation que le Prophète ﷺ a enseignée pour les tombes, « Et nous allons certes, si Allah le veut, certainement vous rejoindre » (Mouslim n°974).
📚 | Cheikh Al-Fawzan, enregistrement publié sur YouTube. Cheikh Al-Albani, réponse transcrite sur al-fatawa.com.
Et amine après inchallah ?
On entend parfois qu’un hadith interdirait de dire amine après inchallah. Aucun hadith trouvé ne dit cela. Celui qu’on a sans doute en tête est celui qu’on vient de lire, et il parle d’autre chose.
Amine veut dire « exauce », Cheikh Ibn Baz le rappelle, c’est donc une invocation. Cheikh Al-ʿOusaymi ajoute qu’elle se dit après une invocation, même la tienne, comme l’imam dit amine après la Fatiha, qui est elle-même une invocation.
📚 | Fatwa n°5571, publiée sur le site officiel d’Ibn Baz. Cheikh Al-ʿOusaymi, enregistrement publié sur YouTube.
Après « demain inchallah », amine n’a donc pas de sens, il n’y a rien à exaucer. Après « qu’Allah te guérisse », amine y répond, et pour la majorité des savants cités plus haut, c’est l’inchallah qui est de trop.
Que répondre à Inchallah ?
Aucune réponse n’est rapportée. Si quelqu’un te dit inchallah, tu peux répondre inchallah à ton tour, ou ne rien dire du tout. Si tu veux ajouter une invocation, qu’Allah te facilite par exemple, dis-la sans inchallah, comme le conseillent la plupart des savants cités.
Inchallah et machallah, ne pas les confondre
Les deux formules se ressemblent et ne se disent pas au même moment.
- Inchallah (إِنْ شَاءَ اللهُ) se dit devant ce qui n’est pas encore arrivé, si Allah le veut
- Machallah (مَا شَاءَ اللهُ) se dit devant ce qui est déjà là, ce qu’Allah a voulu
Le verbe est le même, chaa, vouloir. Seul change le premier mot, in, si, pour ce qui reste à venir, ma, ce que, pour ce que tu as sous les yeux.
La racine ش ي أ et sa famille de mots
En arabe, la plupart des mots se construisent sur des racines de trois lettres. Celle-ci porte la volonté, et elle donne une famille que tu connais déjà en partie.
- شَاءَ (chaa), vouloir, le verbe de cette formule
- مَشِيئَة (machi’a), la volonté
- شَيْء (chay’), une chose, le mot du verset, li chay’in, « à propos d’une chose »
- مَا شَاءَ اللهُ (machallah), ce qu’Allah a voulu
Le verset qui ordonne inchallah emploie donc deux mots de la même racine, la chose et la volonté. Comprendre une racine permet de comprendre plusieurs mots d’un coup, et c’est ainsi que la langue arabe est construite.
Comment bien prononcer Inchallah
La prononciation correcte d’Inchallah est simple, mais elle doit être faite distinctement.
- in, bref
- chaa, avec un a long et le son ch du français
- Al-lah, avec le l doublé
La prononciation d'inchallah
Voix de synthèse
Comment écrire Inchallah
L’orthographe peut varier (inchallah, inshallah, in sha Allah, incha Allah, inch’Allah), le sens reste exactement le même, c’est juste de la phonétique. Le ch du français et le sh de l’anglais notent le même son.
En arabe, en revanche, l’écriture compte. La formule s’écrit en trois mots, إِنْ شَاءَ اللهُ. Collés, إنشاء, ils forment un autre mot, qui veut dire la création, le fait de faire naître. C’est le nom du verbe qu’Allah emploie pour la formation de l’homme, ansha’nahou, dans « Ensuite, Nous l’avons transformé en une tout autre création » (sourate 23 verset 14). La phrase ne dit alors plus du tout « si Allah le veut ». Cheikh Al-Fawzan, interrogé sur cette graphie, répond qu’elle ne convient pas, parce qu’in est une particule de condition qui s’écrit seule, et chaa un verbe.
📚 | Cheikh Al-Fawzan, enregistrement publié sur YouTube.
La question ne se pose qu’en lettres arabes. En lettres latines, inchallah et inshallah sont aussi justes l’un que l’autre.
La seule graphie qui ne varie pas est l’arabe, إِنْ شَاءَ اللهُ, en trois mots, et c’est la seule qui dit vraiment « si Allah le veut ».
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